affari esteri
Après une première collaboration à l'écriture du duo « Stuttering Piece » en 2003, Edmond Russo et Shlomi Tuizer créent ensemble l'association Affari Esteri en 2004.
En 2005, ils entament le projet «Tenses», dont « Airports (tenses 1) » est le premier volet.
En 2006-2007, ils poursuivent leurs recherches chorégraphiques avec la création du projet « Les Avenants (tenses 2-3) ».
En mai 2008, ils sont chorégraphes invités au Tenerife DanzaLab en Espagne, pour créer les pièces « Dry Water » et « Materia Prima ».
En mai 2009, ils présentent « inside ##### », pièce chorégraphique en forme d'installation in-situ, au CND à Pantin, dans le cadre des Rencontres chorégraphiques internationales de Seine-Saint-Denis.
La même année, ils créent «Dolentem», pièce pour 11 danseurs pour la formation professionnelle du danseur Coline à Istres.
A l'automne 2009, ils sont en création d'une nouvelle pièce intitulée « Lings » dont la première a lieu au Havre, dans le cadre du festival Météores, en mai 2010.
Parallèlement aux projets de création, ils proposent des espaces de rencontre et d'exploration autour de l'écriture chorégraphique et de ses champs de fabrication, sous forme d'ateliers, stages, et cours d'entraînement.
Un désir commun à explorer et défendre un univers créatif partagé est à l’origine de la création d’Affari Esteri ;
Notre démarche duelle se situe dans l’écriture chorégraphique elle-même, avec pour objet d’élargir les modes d’expression liés au corps en représentation en croisements avec d’autres disciplines artistiques.
Nous avons depuis l’été 2004 porté nos motivations artistiques au sein de quatre projets chorégraphiques.
Ce sont dans les différents cas de figure, des voyages interprétatifs, avec des supports récurrents, qui sont (entre autres) la notion du temps, du temps présent, passé, ou en devenir, de l’espace et de la tension entre la figure unique, la relation à l’autre et au groupe.
Dans la durée de l’objet chorégraphique, sa mutation et l’invention formelle et émotive de l’interprète, sont des motivations centrales.
Le contenu chorégraphique alterne entre des projections spatiales, dynamiques, formelles, plus attachées à une rigueur d’écriture, et des projections plus ouvertes, impulsives, liés à des formes d’écriture instantanées, improvisées.
L’environnement musical avec ses variations de perception et les modulations spatiales par la lumière permettent le renouvellement du regard et la relecture des signes et participent à l’identification et à l’exploration de ces mêmes valeurs portées par l’écriture chorégraphique.
Réinscrire le corps et sa pensée dans des nouvelles propositions de recherche est un besoin constant.
Notre volonté serait d’isoler et d’identifier des fonctions corporelles, tant posturales que comportementales.
En fonction des thématiques choisies, ces mêmes notions pourront être dilatées, jusqu’à en transcender le geste de sa fonction initiale.
Plusieurs configurations spatiales traitées, quatre dispositifs scéniques distincts :
« Airports (tenses 1) », une première configuration, plus traditionnelle, frontale, propose une vision panoramique, avec un traitement spatial et corporel axé sur la trajectoire, la frontière, l'élévation.
Le choix de l'aéroport comme lieu de référence porté sur l'identité représentative vaste et multiple qu'a ce lieu : un lieu commun, anonyme, de transition.
« Les Avenants (tenses 2-3) », avec une configuration quadrifrontale, imposant un espace cerné et une proximité du regard; l'échelle de la perception varie selon la partition chorégraphique et sa dilatation dans le temps. Deux formes, solo et duo, se chevauchent, se croisent, se commentent entre elles, composant dans la durée, une seule oeuvre. En quittant la représentation linéaire, d'un temps uniforme, continu, l'espace qui s'habite devient un plateau mouvant.
Le projet « inside ##### », forme modulable, in-situ. Un micro espace habité par cinq interprètes, une contrainte spatiale comme stimulateur de relations, espace de confrontations communautaires.
C'est au spectateur de créer sa propre vision de l'événement ; d'y assister partialement ou de modifier ses angles de vue, d'en avoir une projection directe ou d'accepter les filtres humains comme élément perturbateur.
« Lings », projet qui retrouve une configuration scénique frontale, continue à questionner l’espace communautaire. La pièce interroge l’espace qui s’habite entre les surfaces des corps.
La peau, la double peau, l’extension de la peau, vecteur isolant et conducteur d’énergie, de friction.
La peau comme surface d’échange, de protection et résistance, d’absorption.
Le tissage d’une enveloppe commune, moteur du fonctionnement du groupe et de l’altération de ses actes mouvants. Du jeu à la découverte, du jaillissement des élans aux renversements symboliques.
Vus comme une partition musicale, les réseaux des actes composent une orchestration des relations.
Naviguer sur des espaces mouvants, du personnel au collectif... du commun à l'intime...
Le regard à travers lequel on peut moduler, déplacer nos perceptions des corps, des espaces, des situations en relation à l'autre..., proposer des possibles parcours qui résonnent, qui explorent, qui redécouvrent notre propre vision de soi, face à cet univers créatif et avec cet outil complexe et passionnant, qui est l'acte dansé.
Edmond Russo, Shlomi Tuizer
